Allocution

 

 

Michel TONON

Maire de Salon de Provence
Président de l’Agglopôle Provence

 

 

Si cette année le Conseil de l’Union Européenne a consacré l’année 2003 aux personnes handicapées, c’est réellement une volonté de sa part de reconnaître pleinement les droits des personnes les plus fragiles.

Mais la lecture d’un quotidien du soir, nécessite que nous ayons aussi d’autres réflexions. Et ces réflexions, je me permets de vous les relayer parce qu’elles nous interpellent, nous élus, dans notre pratique quotidienne de la solidarité.

 

Coincée entre l’année des animaux adoptés et l’année de la Chine, l’année du handicap se trouve ici, et est-ce un marketing, est-ce la cause d’un marketing social des grandes causes humanitaires ou est-ce une volonté de zapper notre société sur les grandes causes ?

 

Au fur et à mesure, on se rend bien compte qu’il y a des difficultés entre l’action sociale durable et les réponses aux problématiques du handicap.

Il y a une sorte de discordance entre ce que nous propose chaque année, cette médiatisation, ce glissement qu’il peut y avoir entre la nécessité d’apporter des solutions au problème du handicap, au problème notamment des maladies orphelines, et la solution qui est proposée.

Nous sommes passés d’un principe de solidarité à un principe de charité.

 

Est-ce que l’action et les politiques sociales, de manière générale, pourront s’accommoder durablement de cette manière d’appréhender la réalité et la façon dont on appréhende les problématiques du handicap et les problématiques de la santé publique ?

C’est vrai que l’INSEE considère qu’il y a environ 3 millions et demi de handicapés en France, et environ 22 millions et demi de personnes ayant des difficultés physiques sensorielles et mentales dans la vie de tous les jours.

On se rend bien compte qu’on ne peut durablement construire une politique sociale, que ce soit au niveau local, national ou européen, à travers des introductions et différentes interventions des personnalités mais que nous devons nous inscrire forcément durablement dans l’action sociale, et que nous devons forcément relayer l’action qui est menée par le monde associatif, celle qui a permis, par exemple grâce à ce colloque, de mettre en évidence ces thématiques sur le handicap.

 

Nous devons forcément poser la question différemment.

Que devons-nous faire dans ce cadre là ? Que peut faire un élu local pour répondre à cette question importante qui est celle du handicap ?

Avant d’apporter quelques réponses, c’est dire que, bien sûr, nous sommes obligés, nous élus locaux, de reprendre toutes ces opérations de marketing social telles qu’elles nous sont proposées aujourd’hui, pour dire qu’effectivement c’est aussi çà la réalité de notre société, que le zapping qui nous est proposé existe et, pourquoi n’aurait-il pas lieu dans le domaine social ?

Nous devons, nous aussi, profiter de cet éclairage particulier, et la ville de Salon de Provence est particulièrement fière dans le cadre de l’année du handicap, d’avoir pu consécutivement à deux jours d’intervalles proposer deux colloques. Certes sur des thématiques différentes, certes sur des approches différentes, mais avec la volonté commune que ce soit par le Comité d’Action Sociale qui a organisé le colloque d’il y a deux jours ou l’organisation faite par le CEIS, de traiter le handicap. Il y a la volonté de mettre à jour, de parler encore et encore de cette grande cause que représente le handicap dans l’action publique.

Mais plus que la cause du handicap, je crois que ce qui est important ce sont les solutions.

La grande cause nationale du handicap, ce n’est pas le handicap, c’est notre capacité à proposer des solutions directes aux personnes qui ont et qui vivent le handicap.

Ces solutions sont dans différents domaines. La ville de Salon a décidé depuis un an et demi bientôt d’œuvrer notamment dans le domaine de l’aménagement urbain pour le handicap. On se rend bien compte que pour les handicapés, les personnes à mobilité réduite, il y a une nécessité de repenser notamment nos modes de déplacement, repenser l’aménagement, repenser l’urbanisme, repenser nos modes de locomotion.

C’est vrai de manière très concrète puisque au-delà de la conceptualisation toujours utile, de la réflexion toujours nécessaire, il y a toujours un principe de réalisation. C’est une chose que de disserter et de réfléchir, c’est une autre chose, tout aussi nécessaire, que de travailler sur le terrain à l’amélioration d’un dispositif dans le domaine de l’urbanisation, à l’amélioration de la vie quotidienne.

A Salon ou comme dans d’autres villes, arriver à se déplacer dans un fauteuil, c’est vraiment un chemin de croix. Nous devons au fur et à mesure repenser notre ville, et réfléchir à la façon dont on doit et peut se déplacer. Faciliter aussi les modes d’accès collectifs comme les cars,etc… Autant d’éléments importants et la ville de Salon de Provence s’est résolument engagée dans cette politique.

Et puis dans d’autres secteurs comme l’école, élément fondamental à partir duquel il faut reprendre certainement notre manière de penser, notre manière de voir notre société. Nous l’avons voulu, à travers les agents de l’intégration, une quinzaine d’agents municipaux facilitant l’intégration des jeunes handicapés pour qu’ils puissent accéder eux aussi à l’école, élément fondamental de socialisation, de connaissance et de diffusion d’une réflexion sociale importante

La municipalité a souhaité travailler durablement dans l’action sociale en créant au sein de son CCAS une unité handicap ayant pour vocation de rendre compte au quotidien de l’interface entre les personnes handicapées et l’action municipale quelle soit culturelle, sportive et aussi quotidienne, notamment à travers le portage des repas à domicile et une série d’actions qui nous semblent nécessaires dans une commune de quarante mille habitants.

Nous sommes loin des préoccupations de l’Europe.

Nous sommes éminemment près des préoccupations de l’Europe, puisque nous traitons au quotidien des causes qui vont bien au-delà du simple territoire salonais.

Une action importante, une volonté importante d’œuvrer dans le secteur du handicap, une volonté marquée.

 

Et pour conclure, dire simplement que, s’il est nécessaire d’utiliser le rebond médiatique que peut représenter cette succession d’événements, nous devons être vigilants à ne pas tomber dans le piège de ce zapping d’informations même si les colloques sont nécessaires et même fondamentaux.

Mais ce qui sera important, c’est ce qui en restera et qui pourra nous permettre de répondre effectivement et activement au problème du handicap.

Merci.

 

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